Impossible d’avoir échappé au tappage médiatique, pour ne pas dire buzz, qu’a fait le film “Les Infidèles” il y a quelques semaines, pour cause d’affiches jugées politiquement incorrectes.
Vous avez raté l’objet du délit? Voici lesdites affiches pour juger par vous-même.


Pour dire deux mots sur ces affiches, je n’y vois rien de choquant (même si elles ne sont pas du meilleur goût qu’il soit), ni de dégradant pour l’image de la femme comme cela a pu être dit; pourquoi faut-il d’ailleurs que la femme soit considérée comme “soumise” lorsqu’il s’agit de sexualité? oublirait-on que chaque partenaire peut prendre autant de plaisir à donner qu’à recevoir dans une relation sexuelle?
Beaucoup de bruit pour pas grand chose, et surtout le sentiment que nous sommes entrés dans une nouvelle ère de la société occidentale, l’ère de la régression.
Il suffit de comparer ces affiches avec celle du film “Paradis pour tous” sorti en 1982, qui n’avait subi aucune censure, pour comprendre.
Ma curiosité éveillée par cette surenchère médiatique, c’est aussi le fait qu’il ne s’agisse pas d’un film mais de plusieurs tableaux mis en scène par différents réalisateurs qui m’intriguait.
Dans la globalité je dirais que l’on passe un bon moment, l’ensemble est truffé de situations drôles, même si cela reste assez convenu et sans parti pris.
Il ressort de cet ensemble de court-métrages une inégalité qualitative sur le fond, et je dirais que seuls 2 ou 3 tableaux sont réellement intéressants (hormis les tableaux “interludes” que je ne prend pas en compte vu leur courte durée); parmi mes nominés figurent “Lolita” et “La question”.
“Lolita” est empreint d’une grande sensibilité, et nous montre toute la fragilité de cet homme (marié, père, à la situation sociale aisée) qui trompe sa femme avec la jeune et belle Inès, étudiante en lettres modernes. Inès lui permet à la fois de se sentir jeune, puissant, admiré… tout comme elle le ramène à la réalité de son âge. Leur incapacité à évoluer ensembles et à se comprendre apparait comme évidente au spectateur qui entrevoit les failles de cette relation où plus de 15 ans les sépare; et s’ils trouvent chacun leur compte dans leur relation à un premier stade (la fierté d’avoir séduit un homme “mûr” et expérimenté pour l’une, celle de se conforter qu’il peut toujours séduire pour l’autre), l’allégresse et l’innocence évoluent petit-à-petit vers l’écart de génération et l’incompréhension, pour le couple adultère termine sa course dans un dernier éclat de violence.
“La question”, avec Alexandra Lamy évoque cette suspicion, née d’une remarque anodine lors d’une discussion en soirée, et qui tourne à l’obsession jusqu’à déchirer le couple. Rien d’original dans le scénario: elle promet qu’elle est prête à tout entendre et ne se mettra pas en colère, ce qui évidemment n’est pas le cas, il lui dit ce qu’elle a “envie d’entendre”, elle se venge en lui avouant l’avoir elle aussi trompé, et ça se termine en larme et réconciliation passionnée.
Mais la mise en scène nous amène progressivement vers cette cocotte-minute et on se laisse piéger en pensant que ce couple ne succombera pas à l’auto-destruction, à tort.
Je ne vais pas ici détailler tous les courts-métrages qui composent le film, mais “Le séminaire” a aussi retenu mon attention pour le personnage principal et toute la solitude et la détresse que l’on ressent chez lui de ne pas pouvoir être infidèle. Mentions spéciales à Sandrine Kiberlain, à qui le rôle d’animatrice de groupe de parole va à merveille, et aux brèves apparitions de Guillaume Canet et Manu Payet dans des rôles bien différents de ceux auxquels nous pouvons être habitués.
La fin du film est drôle, mais le sujet, tromper sa femme avec un homme, est traité de manière trop caricaturale, c’est vraiment dommage car tout le reste de ce tableau était dans la tendresse et j’aurai aimé une fin plus douce. La fin façon “village people” est pour moi too much et un réel gâchis pour un court-métrage qui valait mieux que ça.
En conclusion, allez-y sans vous attendre à un grand film, certains tableaux sont de bons coups (!) et les situations tantôt marrantes, impensables ou tristement réalistes sauront conquérir un large public.
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